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11 octobre 2018

Brèche dans la gestion de l’offre: David Graham répond aux critiques

Moins d’un mois après la conclusion d’une nouvelle entente de libre-échange entre les États-Unis et le Canada, le lait américain commence déjà à apparaître sur les tablettes québécoises.

Maxime Coursol , Rédacteur en chef

Le député fédéral de Laurentides-Labelle, David Graham, discute avec un producteur laitier, à l’occasion des journées portes ouvertes sur les fermes québécoises, le 9 septembre dernier à Ferme-Neuve.
Le député fédéral de Laurentides-Labelle, David Graham, discute avec un producteur laitier, à l’occasion des journées portes ouvertes sur les fermes québécoises, le 9 septembre dernier à Ferme-Neuve.
© Photo gracieuseté – David Graham

Dans un récent article d’un quotidien montréalais, on apprenait que la chaîne de magasins Wal-Mart offrait dès maintenant du lait produit aux États-Unis. Ce lait étant un produit particulier, sans lactose notamment, il n’est pas soumis aux politiques canadiennes de prix maximum et minimum. Une situation qui inquiète le président de la section locale de l’Union des producteurs agricoles (UPA), François Handfield. « J’aurais cru qu’ils [les Américains, NDLR] le dissimulent dans la transformation pour commencer. Je me suis trompé. Le consommateur devra être averti dès maintenant de faire un choix québécois », a-t-il confié à L’information du Nord.

M. Handfield dénonce l’inaction du gouvernement fédéral dans ce dossier. « On ne parle présentement d’aucun programme pour valoriser le lait produit ici. On laisse au consommateur le soin de se responsabiliser, en vérifiant sur l’emballage, lorsqu’il achète un produit, s’il y a le logo de la vache bleue, qui certifie que le lait utilisé provient à 100% du Canada. »

Au consommateur de jouer

Le député libéral de Laurentides-Labelle, David Graham, saisit bien l’inquiétude de M. Handfield, comme des autres fermiers de son comté. Il croit toutefois que c’est aux citoyens de favoriser l’achat local. « Notre souveraineté alimentaire passe invariablement par nos choix collectifs; au final, c’est le consommateur qui a le dernier choix sur ses achats, dit-il. C’est ensemble, région par région, qu’on peut et qu’on doit se soutenir. »

M. Graham promet, par ailleurs, que son gouvernement appuiera financièrement les producteurs laitiers dans cette épreuve. « Ce programme de compensations sera développé en collaboration avec les producteurs afin de s’assurer qu’il réponde à leurs besoins et attentes », s’engage-t-il.

Victorieux dans la défaite?

Le député fédéral rappelle du même souffle que la plus importante demande de l’administration Trump était l’abolition complète du système de gestion de l’offre, ce qui aurait à terme tuer la majorité des fermes au pays. « Le fait que les Américains n’aient pas atteint cet objectif démontre notre ténacité à défendre la gestion de l’offre, plaide-t-il. On a limité les dommages, tout en préservant notre système. »

« Puisque nous avons maintenant des accords avec les pays de la zone Pacifique, avec l’Europe et avec les États-Unis, il ne reste plus beaucoup de sources d’attaques contre notre système », ajoute-t-il.

Mais aux yeux du président de l’UPA Laurentides-Pays-d’en-Haut, le tort est déjà fait. « Les 10% de part de marché qui ont été enlevés aux producteurs canadiens depuis 2016 vont assurément nuire à la croissance de leurs fermes. La petite ferme familiale ne pourra pas se développer, car elle n’exporte pas, elle. Il faut comprendre que les compensations du fédéral vont aider les producteurs actuels, ça oui, mais ça n’encourage pas la relève, qui pourrait trouver que l’avenir se ferme en agriculture », conclut François Handfield.

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Maxime Coursol , Rédacteur en chef

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