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Dossier microbrasseries

L’hyperlocal a la cote, même dans la bière

Les bières de microbrasserie sont à la mode au Québec, nul n’en doute. Mais au-delà du goût qu’offre ces produits, l’argument de l’achat local touche également une corde sensible chez bon nombre de consommateurs.

Maxime Coursol

Chez Yann et cie, plus de 200 marques de bière de microbrasseries québécoises sont en vente, dont celles de La Veillée, brassées à Sainte-Agathe.
Chez Yann et cie, plus de 200 marques de bière de microbrasseries québécoises sont en vente, dont celles de La Veillée, brassées à Sainte-Agathe.
© L’information du Nord – Maxime Coursol

Patrick Laurin, propriétaire de la microbrasserie La Veillée, basée à Sainte-Agathe-des-Monts, l’avoue d’emblée: « Oui, le goût pour la bière de microbrasserie se développe, on sent que les goûts changent. Mais le mouvement va au-delà des microbrasseries selon moi. C’est plutôt le goût du consommateur de favoriser l’achat local, le produit artisanal. Il y a aussi un attachement au milieu, le goût de boire sa bière dans son village », croit-il.

Un avis que partage Yann Invernizzi, de l’épicerie spécialisée Yann et cie à Val-David. L’homme tient une section « bières québécoises » dans son commerce, où une variété de 200 bières est offerte. Mais il assure être très sélectif. « On encourage surtout les micro-microbrasseries, comme La Veillée de Sainte-Agathe et Camp de base à Saint-Adolphe. On veut favoriser les gens qui se tiennent le plus loin possible de l’industrialisation, car ça permet une meilleure traçabilité du produit et ça met de l’avant les artisans qui ont des pratiques écoresponsables. »

Le défi de l’approvisionnement

Il est plus difficile cependant pour les brasseurs des Laurentides de favoriser un approvisionnement local en matières premières. « Je cherche à mettre plus d’emphase là-dessus, mais ce n’est pas facile, avoue Patrick Laurin. Dans ma bière au babaco, le babaco vient d’Arundel, ce qui est très bien. Mais c’est plus difficile pour les céréales. En général, j’utilise de l’orge canadien et du houblon québécois, car il n’y en a pas qui vient des Laurentides. Par contre, je les achète à la Maison du Brasseur à Mont-Tremblant. S’il était possible d’en acheter qui étaient cultivés localement, ce serait vraiment super », avance-t-il.

Voir petit pour voir grand

Alors que pendant des années, le modèle mis de l’avant dans la vaste majorité des entreprises était de commencer petit pour prendre ensuite de plus en plus d’expansion, le mouvement en faveur des microbrasseries démontre plutôt le contraire, selon Patrick Laurin. « En restant petit, pour moi, l’espace tablette dans les épiceries n’est pas un enjeu. En plus, comme ça, j’ai un moins gros investissement de base, moins de coûts mensuels et c’est plus facile pour moi d’arriver », soutient-il.

Il ajoute qu’il arrive à se tailler une niche en produisant quatre bières sur rotation régulière et trois autres qui apparaissent et disparaissent selon les saisons. « Je n’ai que 37 points de vente pour écouler ma production, surtout dans la région entre Sainte-Adèle et Mont-Tremblant, mais aussi un peu à Laval et Montréal. Et je ne veux pas en rajouter, je ne pourrais pas de toute façon », conclut-il. La petitesse a son charme, il faut croire…

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Maxime Coursol

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