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15 octobre 2019

Meilleure offre et meilleure réglementation

La légalisation du cannabis, un an plus tard

Le 17 octobre 2018, le cannabis devenait légal au Canada, engendrant autant d’effervescence que d’inquiétude. Un an plus tard, quel est le portrait de la situation?

Maxime Coursol

La SQDC fait maintenant partie du paysage de la région, un an après la légalisation du cannabis au Canada.
La SQDC fait maintenant partie du paysage de la région, un an après la légalisation du cannabis au Canada.
© (Photo L’information du Nord – Archives)

Du côté de la Société québécoise du cannabis (SQDC), on parle d’une importante bonification des services dans la région. À la succursale ouverte ce printemps à Sainte-Agathe-des-Monts s’ajoute celle à venir à Mont-Tremblant. « L’échéancier est respecté présentement et elle devrait ouvrir en novembre », précise le porte-parole de la société d’État, Mathieu Gaudreau.

De plus, la pénurie de produits qui avait frappé rapidement la SQDC est maintenant chose du passé. « De six fournisseurs au départ, on est rendu à une dizaine, tous canadiens. Ç’a été plus long au Québec d’ajouter des fournisseurs, car nous sommes la seule province où il y a une étape de plus au processus de certification: le fournisseur doit obtenir le feu vert de l’Autorité des marchés publics, qui est un gage de la qualité du produit », explique M. Gaudreau.

Signalons par ailleurs que depuis le 20 mai, les succursales de la SQDC ont recommencé à ouvrir sept jours par semaine.

L’enjeu du marché noir

Lorsque la SQDC a ouvert ses portes en 2018, un de ses objectifs avoués était de récupérer 30% des consommateurs de cannabis en un an, qui viendraient s’approvisionner légalement plutôt que sur le marché noir. L’objectif est-il atteint? « C’est difficile d’avoir des chiffres fiables, reconnaît Mathieu Gaudreau. On parle de produits illégaux, il faut donc y aller davantage avec des estimations. On verra, lorsque la SQDC dévoilera son bilan pour sa première année d’opération, si on a réussi. »

Chose certaine, les clients sont au rendez-vous. Rien qu’entre le 31 mars et le 22 juin dernier, la société d’État a conclu en succursale 977 261 transactions, pour un total de 5 512 kg de cannabis écoulés et des ventes totalisant 39,5 M$. Les achats en ligne sont pour leur part moins élevés, totalisant des ventes de 5,6 M$, soit 752 kg de cannabis pour 77 262 transactions.

« Il y a encore parfois de grandes files de façon ponctuelle devant nos magasins, car les succursales sont conçues pour accueillir à l’intérieur un nombre limité de clients, mais c’est plus rare. On est loin de l’effervescence du début. »

-Mathieu Gaudreau, SQDC

Soulignons que sur les 45,1 M$ de ventes au total, un bénéfice net de 1,4 M$ sera versé dans le Fonds des revenus provenant de la vente du cannabis, géré par le ministère des Finances du Québec. Ces profits dégagés seront réinvestis notamment en prévention et en recherche en matière de cannabis.

 

Uniformisation à venir

Du côté de la MRC des Laurentides, on parlait également il y a un an de la nécessité de mieux encadrer l’usage du cannabis sur le territoire. Le préfet de l’époque, Denis Chalifoux, s’inquiétait de voir la situation devenir « ingérable » si les 20 municipalités de la MRC adoptaient toutes des règlements différents. 12 mois plus tard, cette uniformisation des règlements municipaux se fait encore attendre, quoiqu’elle ait bien progressé. « L’adoption de ce règlement a tardé, car on attendait la législation du nouveau gouvernement de la CAQ sur la hausse de l’âge légal, explique Nancy Pelletier, directrice générale de la MRC des Laurentides. Maintenant que c’est fait, le comité de sécurité publique soumettra aux municipalités un règlement sur l’usage du cannabis sur le territoire, afin que les endroits où on peut en consommer soient les mêmes partout. » Mme Pelletier ajoute par ailleurs que la MRC travaille en partenariat avec Tangage des Laurentides pour fournir du matériel d’information et de communication sur le cannabis dans la région.

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Maxime Coursol

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