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27 novembre 2019

Nouvelle fermeture sur St-Vincent

Hélène Mitron clôt un chapitre de sa vie

La bijouterie HEMen opération depuis 31 ans, fermera ses portes d’ici février 2020. Sa propriétaire, Hélène Mitron, a choisi de relever de nouveaux défis.

Maxime Coursol

Hélène Mitron, après 31 ans en affaires, a choisi de fermer boutique.
Hélène Mitron, après 31 ans en affaires, a choisi de fermer boutique.
© (Photo L’info du Nord – Maxime Coursol)

« J’ai toujours préféré faire de la création et de la réparation de bijoux, c’est ça mon métier, confie la bijoutière bien connue à Sainte-Agathe. La vie a fait en sorte que la boutique est arrivée, mais là, rendu à 53 ans, je suis fatiguée. J’ai envie de finir ma carrière en faisant ce que j’aime. » Ce qu’elle aime, c’est remodeler des bijoux, les réparer, et surtout passer du temps avec ses clients. C’est pourquoi elle continuera ces activités, mais sans tenir d’inventaire et surtout, sans avoir à payer pour une boutique.

La bijouterie, Mme Mitron est tombée dedans quand elle était petite. Déjà enfant, elle rêvait d’ajuster des bagues pour qu’elle lui fasse. À 16 ans, elle a suivi une formation en ce sens et dès ses 17 ans, elle a commencé à travailler dans le domaine: d’abord avec Claude Régimbald, puis à son compte. « J’ai toujours persévéré. Il n’y a pas de recette miracle dans la vie: tu bâtis ce que tu as à force de travailler », confie la commerçante.

Un métier en mutation

Hélène Mitron ne cache pas que ces dernières années, la boutique était devenue plus un fardeau qu’une source de plaisir. Elle trouve lourd de passer une grande partie de son temps à faire sa comptabilité et des achats auprès de fournisseurs, au lieu de faire ce qui la passionne vraiment: le travail en atelier et répondre au désir de son client. « De nos jours, avec la concurrence des Wal-Mart et Costco, l’avenir n’est plus dans la vente. C’est bien plus dans la récupération: les jeunes veulent reprendre l’alliance de leur grand-mère décédée et la transformer. La demande est là », croit la bijoutière.

Si elle constate un sérieux manque de relève dans son domaine, Mme Mitron croit néanmoins qu’il y a un avenir pour les bijoutiers. « Avec le temps, je me suis débarrassée des montres et de tout ce qui est bijou de moins bonne qualité, parce que les grandes surfaces ont repris ça. Le métier se transforme: on fait le pari de la qualité, du haut de gamme. Le client nous suit là-dedans: quand il a un bijou qui a une valeur sentimentale, il veut le confier à un bijoutier expérimenté en qui il a confiance. » 

La confiance au cœur du métier

Le plus important pour Hélène Mitron, c’est la relation de confiance qu’elle a bâtie, au fil des ans, avec sa clientèle. « Au début, j’ai commencé en réparant des petites chaînes d’argent. 31 ans plus tard, on me confie des diamants qui valent plusieurs milliers de dollars pour leur donner une deuxième vie. J’ai un client qui demeure à Gatineau et qui profite de ses rendez-vous chez son médecin, à Sainte-Agathe, pour m’amener ses bijoux. Pour moi, c’est ça le succès, pas le compte de banque », déclare-t-elle.

Si tout va comme prévu, la bijouterie HEM devrait disparaître du paysage agathois cet hiver, une fois son inventaire liquidé. « Mon deadline, c’est la Saint-Valentin. Là où j’irai ensuite, j’espère que ma clientèle me suivra. Mais sans vouloir être prétentieuse, je crois qu’elle va rester fidèle », conclut Mme Mitron.

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Maxime Coursol

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