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27 novembre 2019

Vallée Bleue prend le virage vert

Le centre de ski Vallée Bleue fait honneur à la réputation de Val-David, en faisant lui aussi sa part pour réduire son empreinte carbone.

Maxime Coursol

Isabelle Emond est fière de voir son entreprise recourir maintenant à de la vaisselle 100% compostable
Isabelle Emond est fière de voir son entreprise recourir maintenant à de la vaisselle 100% compostable
© (Photo L’info du Nord – Maxime Coursol)

Les nouveaux propriétaires, Isabelle Emond et Luc Beaujean, trouvaient en effet contradictoire d’opérer une station de ski familiale tout en ne posant aucune action pour que la relève ait droit à un hiver digne de ce nom. C’est pourquoi ils ont rapidement, l’année dernière, contacté la MRC des Laurentides afin d’obtenir des bacs de recyclage. « La MRC nous a ensuite mis en lien avec Mission Recyclage Compostage Laurentides. Avec eux, on a évalué tout ce qu’on faisait pour changer nos pratiques et être plus verts, tout en s’assurant que ça reste économique », raconte Isabelle Emond.

Le premier changement majeur a été d’installer dans tous les bâtiments, et surtout dans celui de la cafétéria, des stations de tri avec un bac brun, un bac bleu et un bac noir. Cette action a permis de remplir neuf bacs de compostage par semaine et d’avoir un camion de collecte pour les matières recyclables qui passent aux deux semaines.

Un agent de sensibilisation a aussi été embauché pour orienter les consommateurs à la cafétéria les vendredis, samedis et dimanches sur l’heure du dîner. En plus de cette tâche, l’employé s’occupe le matin du stationnement et travaille à la cuisine l’après-midi. « C’est sûr que c’est moins de profits pour nous, mais notre futur, ç’a n’a pas de prix », dit Mme Emond.

Adieu styromousse

Le centre de ski Vallée Bleue a également apporté un changement considérable à sa cafétéria. Alors qu’auparavant, toute la vaisselle était en styromousse (et donc à usage unique), elle a été remplacée par des matériaux compostables, faits à base de maïs. « On a trouvé un fournisseur pour changer nos ustensiles, nos gobelets à café, nos verres, nos bols de soupe. Même les emballages pour les sandwichs sont rendus compostables », précise Luc Beaujean.

Ajoutons que les godets de lait ont été remplacés par une machine distributrice de lait et que les bâtonnets en plastique pour brasser le café ont cédé la place à des pâtes alimentaires de type fettucine. 

Toujours dans cette optique de bannir à long terme le plastique à usage unique, l’entreprise a également le projet d’éliminer complètement les bouteilles d’eau en plastique, pour vendre des gourdes identifiées « Vallée Bleue ». Si l’objectif est d’y arriver d’ici la fin de cet hiver, Mme Emond demeure réaliste. « Il faut une gourde qui n’est pas en plastique et qu’on pourrait vendre à un prix abordable. On est encore à la recherche du matériau parfait », confie-t-elle.

Des économies à long terme

Les propriétaires de Vallée Bleue restent également à l’affût des subventions gouvernementales pour poursuivre leur virage vert. Ils ont déposé récemment une demande pour installer quatre bornes de recharge pour les véhicules électriques. Ils ont aussi installé des lavabos qui peuvent agir comme sèche-mains, pour sauver du papier brun.

« Dans un monde idéal, on se chaufferait à la géothermie, mais nos poches ne sont pas assez creuses pour ça. Tranquillement, on réinvestit une partie de nos profits pour être de plus en plus écologique. On pense qu’à long terme, en étant plus écoresponsable, on va aller chercher la nouvelle génération », avance Isabelle Emond.

Si la station utilise encore de la vieille machinerie, plus polluante, un plan a cependant été établi pour toute la remplacer à long terme.

Le centre de ski utilise également la configuration de son stationnement à son avantage. Lorsqu’ils déneigent celui-ci, ils poussent la neige dans la piste non loin, puis, avec de la machinerie, ils vont porter cette neige naturelle sur les pentes. « On a estimé qu’on sauvait de cette façon-là à peu près 340 heures d’enneigement artificiel par année », dit Mme Emond. Ainsi, moins d’eau et d’énergie sont utilisées. 

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Maxime Coursol

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