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6 novembre 2019

Abolition des commissions scolaires

La CSL fait bande à part

La Commission scolaire des Laurentides (CSL) a annoncé le 31 octobre qu’elle claquait la porte de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), pour marquer son désaccord avec sa position sur l’abolition des commissions scolaires.

Maxime Coursol

La Commission scolaire des Laurentides, par la bouche de sa présidente Johanne Hogue, déclare que ni le statu quo ni le contenu actuel du projet de loi 40 « ne répondent aux besoins des milieux et des élèves québécois ».
La Commission scolaire des Laurentides, par la bouche de sa présidente Johanne Hogue, déclare que ni le statu quo ni le contenu actuel du projet de loi 40 « ne répondent aux besoins des milieux et des élèves québécois ».
© (Photo gracieuseté)

Le présidente de la CSL, Johanne Hogue, avait déjà fait part à la mi-octobre de son opposition au statu quo défendu par la FCSQ, qui s’oppose à tout changement à l’actuelle <@Ri>Loi sur l’instruction publique<@$p> du Québec. Elle appelle plutôt à une solution mitoyenne, qui vise à bonifier la réforme proposée par le gouvernement provincial. Après deux semaines de discussions, la CSL en est finalement venue à la conclusion qu’elle ne pouvait plus être membre de la Fédération.

« La FCSQ n’a pas démontré d’ouverture à présenter un point de vue différent du sien dans le cadre des consultations particulières auprès du ministre relativement au projet de loi 40, <@Ri>Loi modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires<@$p>. Face au refus de la Fédération, nous avons alors décidé de nous retirer », a déclaré Mme Hogue. 

Défendre les écoles de village

Les membres du conseil des commissaires, la direction générale et le comité de parents de la CSL entendent maintenant déposer un mémoire conjoint au ministre de l’Éducation, lors de la commission parlementaire qui s’attardera au projet de loi 40. « Nous voulons faire quelque chose de positif avec cette réflexion et obtenir un consensus avec tous les acteurs impliqués dans cette réforme: les parents, les enseignants, le secrétariat général et la direction générale de la commission scolaire », précise la présidente Hogue, qui agira comme le porte-parole de ce groupe.

Dans ce mémoire, ils appuieront notamment l’abolition des élections scolaires, mais tâcheront de défendre la représentativité régionale en proposant la bonification d’articles du projet de loi. Johanne Hogue dit être particulièrement inquiète, avec la mouture actuelle de la loi proposée par Québec, de voir des parents situés dans des communautés plus éloignées, comme on en trouve sur le grand territoire de la CSL, perdre au change. Ayant elle-même été confrontée à la grogne de parents opposés à des changements d’aires de desserte pour leurs enfants ces dernières années, elle a une grande sensibilité envers les enjeux des plus petits milieux.

« Nous souhaitons qu’une école située dans un petit village soit aussi bien représentée qu’une école située dans une grande ville (dans les nouveaux centres de services qui remplaceront les commissions scolaires, NDLR). Après tout, les enjeux éducatifs sont les mêmes pour tous », plaide-t-elle. 

Revoir la formule

La présidente de la CSL s’inquiète également de voir trop de poids reposer sur les épaules des parents si la réforme suit son cours actuel. Elle souhaiterait au contraire que toute la communauté soit mieux représentée dans la gouvernance des écoles.

« Les commissions scolaires, jusqu’à présent, agissaient comme un mini-gouvernement. On n’est pas fermé à une évolution du milieu scolaire, mais nous voudrions que la décision vienne vraiment du milieu, car au bout du compte, on assiste à la perte d’un palier démocratique. Les risques de centralisation vers Québec sont réels avec le nouveau modèle proposé », affirme Mme Hogue.

Le comité en charge de la rédaction du mémoire de la CSL recommande également au ministère de mener une transition en douceur pour mettre en place les nouveaux centres de services scolaires. Les commissaires pourraient demeurer en poste jusqu’à la fin de leur mandat, en juin, afin de soutenir la direction générale qui prendra son relais à compter du 1er mars. 

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Maxime Coursol

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