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11 avril 2019

Ils crient à l’injustice

Des compagnies de taxi de chez nous dénoncent le projet de loi 17

René Pellerin de Taxi Ste-Agathe et Johanne Labrosse de Taxi Mont-Tremblant réclament, rien de moins, que le retrait du projet de loi 17 concernant la dérèglementation de leur industrie.

Daniel Deslauriers , journaliste

De gauche à droite, René Pellerin de Taxi Ste-Agathe et Johanne Labrosse de Taxi Mont-Tremblant.
De gauche à droite, René Pellerin de Taxi Ste-Agathe et Johanne Labrosse de Taxi Mont-Tremblant.
© Photo L'information du Nord - Daniel Deslauriers

La chute de la valeur du permis de taxi fait subir une intense pression, tant financière que psychologique, aux chauffeurs concernés. Ces derniers considèrent que l’enveloppe de 500 M$, destinée à les dédommager, est insuffisante et crient à l’injustice. « De fait, ce n’est pas 500 M$, mais 250 M$ puisque la première tranche de 250 M$ a déjà été dépensée pour Montréal, Québec et Gatineau », soutient Mme Labrosse.

Que des miettes

M. Pellerin a acheté deux permis de taxi, il y a quelques années, pour la somme de 210 000$. Mme Labrosse, elle, quatre permis pour 400 000$. « Tout ce qu’on veut nous donner c’est 1 000$ par permis. Ça n’a pas de sens. Le gouvernement frappe encore sur le monde ordinaire », dénonce M. Pellerin.

Johanne Labrosse, elle, dit avoir abandonné un emploi lucratif dans le milieu hospitalier pour démarrer son entreprise. Elle estime avoir investi 1 381 000$ depuis 10 ans dans la construction d’un garage, l’achat de véhicules et de permis. Avec le projet de loi sur la table, Mme Labrosse craint de perdre beaucoup. « C’est ma retraite qui est en jeu », dit-elle.

« En dérèglementant le taxi, on ouvre la porte à n’importe qui. Tous les Uber de ce monde pourront s’improviser chauffeur de taxi. C’est une concurrence déloyale si l’on tient compte de toutes les contraintes que le gouvernement nous impose déjà. Au bout du compte, c’est le service à la clientèle qui va en souffrir, sans parler des emplois perdus », s’indigne M. Pellerin. « Avec la nouvelle loi, les territoires ne seront plus protégés. Ça va être le free for all. »

Les propriétaires locaux de compagnies de taxi veulent rencontrer l’attaché politique de la ministre Nadine Girault dans les prochains jours afin de se faire entendre. « Pas question d’enclencher de mouvement de grève », précise Mme Labrosse. « On ne veut pas pénaliser nos clients et nos chauffeurs. »

 

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Daniel Deslauriers , journaliste

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