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14 mai 2019

Maison ancestrale au cachet unique

Des citoyens se portent à la défense du 150, Montée Alouette

Une poignée de citoyens veulent sauver à tout prix l’architecture d’un chalet désaffecté depuis plusieurs années au 150, Montée Alouette, à Sainte-Agathe-des-Monts.

Daniel Deslauriers , journaliste

L’intérieur est fait notamment d’un plafond de 12 pieds avec 16 stalactites de chêne marbré.
L’intérieur est fait notamment d’un plafond de 12 pieds avec 16 stalactites de chêne marbré.
© Photo gracieuseté

« Des rumeurs avancent que cette maison ancestrale et d’autres bâtiments autour (qui ne présentent pas le même intérêt architectural) seraient démolis pour faire place à un nouveau complexe résidentiel. Il faut empêcher ça. C’est de l’autodestruction », dénonce Louis Pelletier, un charpentier, menuisier et entrepreneur général qui se passionne pour le patrimoine bâti depuis qu’il a vu mourir l’architecture de sa ville natale: La Tuque. « Elle était vouée pourtant à devenir l’une des plus belles villes du Québec grâce à ses normes urbanistiques et un sens esthétique très prononcé », dit-il.

Maintenant résident des Laurentides, M. Pelletier a réussi à convaincre plusieurs propriétaires de restaurer leur édifice. Il a donné de nombreuses conférences afin de sensibiliser les gens à l’importance de sauvegarder le patrimoine bâti. Il s’est impliqué dans plusieurs comités du patrimoine et réussi à sauver de vieilles gares, en plus d’accepter de restaurer le presbytère de Sainte-Agathe-des-Monts.

Le 150, Montée Alouette

« Le terrain du 150, Montée Alouette a été vendu, en 1910, à une certaine Mme Brown, l’épouse de Richard Montgomery Rodden, un architecte bien connu de Montréal. L'acte de vente précise que la maison a été construite par l'acheteur vers cette date. Sans bâtiment, le terrain appartenait jusqu'en 1902 à Joseph Bélisle, le premier maire de Sainte-Agathe-des-Monts et propriétaire des moulins de Belisle's Mills », confirme Paul Carle, un autre passionné d’histoire et de patrimoine bâti.

« Plus que centenaire, ce bâtiment pittoresque étonne par son éclectisme. Son toit cruciforme et ses larges frises sont maintenus par des consoles du même genre que celles des gares de la ligne « grand tronc » des Laurentides.  L’avancé de son toit protège un balcon qui, lui, est supporté par de grosses colonnes corinthiennes avec des petits pilastres de la main courante, de même facture, qui enlace un fer forgé d’un style différent, mais très élégant », décrit M. Pelletier.

Aussi, une abondante fenestration à guillotine, ouvrant autant du bas vers le haut que le haut vers le bas. « Malgré un entretien plus que déficient, le choix des matériaux de grande qualité a contribué à sa préservation », selon lui. « Un curetage approprié et une nouvelle peinture saurait lui redonner toute sa splendeur. L’intérieur, lui, est stupéfiant, on se croirait dans l’émule villégiature du « Mount Stephen Club » de Montréal. Plafond de 12 pieds avec 16 stalactites de chêne marbré. Les murs sont faits de panneaux ravalés finement moulurés, le manteau de foyer est exceptionnel et les deux chambres latérales, dont les murs et plafonds, faits d’acajou marbré, sont à couper le souffle. »

Deux solutions s’offrent aux propriétaires s’ils veulent conserver cet édifice, selon M. Pelletier. Solution numéro un, l’intégrer au nouveau complexe résidentiel qui serait éventuellement construit ou le déménager tout simplement. « Une chose est sûre, on ne peut pas laisser aller un tel bâtiment avec toute cette richesse », insiste M. Pelletier.

Pas de demande de permis

Contacté par téléphone, le maire de Sainte-Agathe-des-Monts, Denis Chalifoux, confirme qu’aucune demande de permis n’a été déposée à ce jour. Il se dit sensible à la sauvegarde d’un tel bijou architectural, promet d’étudier le dossier et de rencontrer les propriétaires, des membres de la communauté juive hassidique, avec qui la Ville a d’excellents rapports, selon M. Chalifoux.

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Daniel Deslauriers , journaliste

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