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À l'approche du bal des finissants

Simuler la mort pour conscientiser les jeunes

Le stationnement du centre sportif Damien-Hétu a été l’hôte d’une scène qui avait de quoi en ébranler plusieurs le 28 mai. C’est là que se tenait la traditionnelle simulation d’accident mortel pour les jeunes de la Polyvalente des Monts.

Maxime Coursol

Les ambulanciers sont à l’œuvre pour s’assurer que la jeune conductrice ne voit pas son état se détériorer davantage. À ses côtés, sur le pare-choc de la voiture accidentée, se trouve Jérémie. C'est lui, qui n’avait pas bu une goutte lors de son après-bal, qui a « trouvé la mort » lors de la simulation d’accident.
Les ambulanciers sont à l’œuvre pour s’assurer que la jeune conductrice ne voit pas son état se détériorer davantage. À ses côtés, sur le pare-choc de la voiture accidentée, se trouve Jérémie. C'est lui, qui n’avait pas bu une goutte lors de son après-bal, qui a « trouvé la mort » lors de la simulation d’accident.
© L’information du Nord – Maxime Coursol

Même s’il s’agit d’une mise en scène, la simulation continue de frapper dans le mille. De voir une élève se faire arrêter pour conduite avec les facultés affaiblies, à la suite d’un accident où un autre élève a trouvé la mort, a de quoi frapper l’imaginaire. Toute la scène est ponctuée d’intervention des services d’urgence: les jeunes, derrière un cordon de police, assistent à une entreprise de désincarcération des pompiers et au travail des ambulanciers. Le tout se termine dans un simulacre d’hôpital, où la grand-mère du jeune décédé dans l’accident se fait annoncer la nouvelle par les policiers avant d’aller voir sa dépouille.

Yan Boivin, de la Régie incendie des Monts (RIDM), a rappelé à plusieurs reprises aux jeunes spectateurs que tout le déploiement des services d’urgence présenté dans cette mise en scène illustre la réalité. « Je connais plusieurs d’entre vous. Je n’ai pas le goût d’aller vous chercher dans un fossé ou dans le milieu de la route. Prenez donc pas le volant quand vous avez les facultés affaiblies. Ça n’en vaut pas la peine », a-t-il déclaré après qu'on ait évacué en ambulance les deux jeunes jouant les victimes de l'accident.

Cette simulation d’accident est une initiative du Club optimiste Val-David/Val-Morin. La Sûreté du Québec, la RIDM, les Ambulances Thibault et Remorquage Sainte-Agathe (qui prête les véhicules accidentés pour la scène) en sont les complices depuis de nombreuses années.

« Ça avait l’air réel »

Après la simulation à l’extérieur, les jeunes sont rentrés à l’auditorium pour voir une vidéo sur les répercussions de la mort du jeune sur son cercle d’amis à l’école, puis les jeunes comédiens, qui ont présenté une scène de party d’après-bal avant la simulation, ont pris la parole. Chacun a avoué avoir été très touché par ce qu’il venait de voir.

« Ça avait l’air réel, a confié l’une. Même si tu sais que c’est une simulation, de voir Jérémie comme ça sur le hood du char, « mort », ça m’a fait partir à pleurer. »

« J’écoutais les ambulanciers me dire de bouger et je ne pouvais pas bouger. J’étais comme paralysée. Imagine quand tu as eu un accident pour de vrai », ajoute l’interprète de la conductrice blessée dans l’accident, celle qui reconduisait Jérémie lorsqu’elle entre en collision avec une conductrice qui est soûle.

Les élèves ont ensuite écouté le témoignage d’un accidenté de la route, Karl Cournoyer, qui leur a parlé de sa vie avec un traumatisme crânien, causé par sa collision avec un orignal. Il vit notamment avec des troubles de vision et de vessie permanents. « Ma mémoire, c’est rendu un pad puis un crayon. La seule chose que je peux vous dire, c’est d’être super attentifs sur la route, et que si vous consommez avant de prendre votre auto, ça se peut que vous ne le soyez pas, attentifs », a-t-il conclu.

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Maxime Coursol

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