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10 septembre 2019

Agathois d’adoption

Un pionnier de la gymnastique honoré

André Simard, résidant de Sainte-Agathe-des-Monts depuis 2015, a reçu l’Ordre du Canada des mains de la gouverneure générale Julie Payette, le 5 septembre à Ottawa.

Maxime Coursol

André Simard est devenu membre de l’Ordre du Canada le 5 septembre, recevant cette distinction des mains de la gouverneure générale Julie Payette.
André Simard est devenu membre de l’Ordre du Canada le 5 septembre, recevant cette distinction des mains de la gouverneure générale Julie Payette.
© Sgt Johanie Maheu, Rideau Hall

L’homme originaire du quartier Rosemont, à Montréal, est venu finir ses jours dans la quiétude avec son épouse, sur les bords du parc linéaire Le P’tit Train du Nord, dans ce qui était autrefois le hameau de Préfontaine. Il dit avoir eu un coup de cœur pour l’emplacement. « J’ai beaucoup voyagé grâce à ma carrière, mais je m’ennuyais du Québec et je ne voulais plus vivre à Montréal », explique-t-il.

L’Agathois d’adoption a une longue feuille de route dans le domaine de la gymnastique et des arts du cirque. Gymnaste artistique international pendant 12 ans, il a notamment représenté le Canada aux Jeux olympiques de Munich, en 1972. Il a ensuite été pendant une quinzaine d’années entraîneur de l’équipe de gymnastique du Canada, avant de joindre le Cirque du Soleil comme concepteur de numéros de haute voltige.

De Rosemont à la Corée du Sud

C’est au Centre Immaculé du Père Sablon qu’André Simard a commencé à faire de la gymnastique, après avoir eu un coup de foudre pour cette discipline en voyant une animation dans un parc de Montréal. Né dans un milieu modeste, il n’avait même pas les 5$ nécessaires à son inscription annuelle au centre, qui visait à faire bouger les Québécois issus de milieux défavorisés. C’est le Père Sablon lui-même qui lui a fait crédit, à condition qu’il rembourse par la suite. « Je dois beaucoup au Père, qui a été un peu un mentor pour moi, confie M. Simard. Grâce à lui, j’ai rencontré Jean-Paul Marcil et Richard Montpetit, deux hommes qui ont eu une influence déterminante dans ma vie. » Le premier lui a enseigné les rudiments de la gymnastique et l’a inscrit à ses premières compétitions, le second lui a inculqué une philosophie d’athlète professionnel et lui a permis de se hisser au niveau international.

Ses « sauts de crapaud », comme les appelait sa mère, ont finalement mené M. Simard à deux championnats du monde ainsi qu’aux Jeux olympiques de Munich. « De 1966 à 1972, j’ai beaucoup appris en voyageant grâce à la gymnastique, confie-t-il. En étant en contact avec les athlètes japonais et des pays de l’Est, surtout, j’ai fait plusieurs observations. »

Ses rivaux étant « énormément meilleurs » que lui, selon ses propres mots, et sentant qu’il plafonnait, André Simard a mis fin à sa carrière professionnelle d’athlète tout de suite après Munich. Âgé de 28 ans, il a commencé à travailler au Centre Immaculé, souhaitant retransmettre le savoir qu’il avait acquis. Il a formé plusieurs Olympiens en gymnastique, toute une nouvelle génération qui a suivi les Jeux de Montréal en 1976. « À Los Angeles en 1984, 80% de tous les gymnastes canadiens venaient du Québec et étaient passés par le Centre Immaculé, raconte-t-il. Avec d’autres, j’ai mis en place un programme d’entraînement pour les 250 mouvements de gymnastique, qui a fait ses preuves aux Jeux de Séoul, en 1988: l’équipe canadienne a fini 8e, un record qui n’a jamais été égalisé depuis. »

Fort de ce succès à Séoul, André Simard, qui travaillait à très petit salaire par « pure passion », a été recruté par la suite par le Cirque du Soleil. Il a passé le reste de sa vie active à concevoir des numéros acrobatiques aériens pour cette entreprise.

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Maxime Coursol

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