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26 octobre 2016

Phénomène inexpliqué

Guylaine entend des voix…

Depuis l'âge de 19 ans, Guylaine (nom fictif) de Sainte-Agathe-des-Monts entend des voix.
Entendre des voix: un phénomène méconnu, mais bien réel.
Entendre des voix: un phénomène méconnu, mais bien réel.
© Photo TC Media - Daniel Deslauriers
Depuis l'âge de 19 ans, Guylaine (nom fictif) de Sainte-Agathe-des-Monts entend des voix.

Un lourd héritage qu'elle perçoit comme un don. "Je ne suis pas folle", se défend cette dame de 54 ans. "Je sais qu'on me parle à l'oreille. Appelez ça des esprits ou ce que vous voulez, mais c'est bien réel."

Ligne bien mince

Guylaine a pris part au groupe de discussion mis sur pied par L'Envolée, cette ressource en santé mentale qui a pignon sur rue au 5, rue Larocque Ouest, à Sainte-Agathe-des-Monts. "C'est un phénomène mondial. Il existe des groupes semblables partout dans le monde", explique la coordonnatrice de L'Envolée, Nancy Ponton.

La ligne entre la maladie mentale et le spirituel peut sembler bien mince pour beaucoup de gens. Le parcours de Guylaine a été difficile. Elle a été rejetée par son père et son entourage à l'exception de sa sœur. "Il (mon père) me disait que j'étais malade", dit-elle. Elle a donc vécu une enfance un peu trouble, ce qui l'a amenée à s'isoler un peu plus du reste du monde et même à songer au suicide.

"De nouvelles recherches font émerger un discours différent. Les voix que la personne entend, les autres ne les entendent pas, mais elles sont bien réelles puisqu’elle les entend. Elles font partie de sa vie, tout comme la détresse qu’elle peut ressentir, tout comme l’isolement qu’elle peut vivre (la peur, la colère, l’angoisse, la joie, la tristesse et la culpabilité)", écrit Brigitte Soucy, bachelière en psychoéducation et agente de développement du Réseau d'entendeurs de voix québécois.

Le bout du tunnel

Même si elle a beaucoup souffert, Guylaine sort grandie de cette expérience un peu trouble. Aujourd'hui, même si c'est moins fréquent, elle entend encore des voix à l'occasion. "Je travaille sur moi-même chaque jour. La pensée positive m'aide beaucoup. J'ai appris à pardonner aussi", dit-elle.

Elle mène maintenant une existence normale. Elle peut sortir au grand jour, socialiser avec ses voisins et les gens qu'elle croise sur la rue, renouer contact avec ses amis de L'Envolée, faire un peu de tricot et s'amuser à cuisiner, l'une de ses grandes passions.

"Il faut en parler tout simplement. Le but n'est pas d'éliminer les voix, mais d'apprendre à vivre avec ça", explique Josianne Campeau, intervenante à L'Envolée.

Les gens, qui voudraient se joindre au groupe que L'Envolée tente de remettre en marche, peuvent contacter Josianne Campeau au (819) 326-5778.

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