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Virage vert dans la région

Une stratégie des petits pas qui rapporte

Alors que de plus en plus de voix s’élèvent pour parler « d’urgence climatique » et de la nécessité d’imposer des mesures environnementales sévères aux entreprises privées, une professeure de l’Université de Sherbrooke appelle plutôt à garder la tête froide.

Maxime Coursol

Caroline Boivin, professeure de marketing à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke et membre de l’Observatoire de la consommation responsable.
Caroline Boivin, professeure de marketing à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke et membre de l’Observatoire de la consommation responsable.
© Photo gracieuseté – Michel Caron, Université de Sherbrooke

Aux yeux de Caroline Boivin, professeure de marketing et membre de l’Observatoire de la consommation responsable, il est vrai que les entreprises pourraient être plus écologiques. Cependant, elle considère qu’elles ont quand même fait des pas, depuis l’an 2000.

« Ils pourraient ne rien faire, soutient-elle. Aucune loi ne les oblige à réduire leur impact environnemental. Si une règlementation s’appliquait, cela permettrait sûrement un changement plus drastique, mais en général, les entreprises ont des réticences à se faire imposer des choses. » Mme Boivin rappelle que récemment, une quantité appréciable d’entreprises a changé ses comportements en étant incitées par le consommateur.

« Certaines entreprises sont plus proactives dans le dossier environnemental parce qu’elles y voient une façon de se positionner par rapport à la concurrence, ajoute-t-elle. Un bon exemple de ça, c’est les sacs réutilisables en épicerie. Au départ, amener son sac, on voyait ça uniquement dans des plus petits marchés qui étaient un peu « granolas ». Mais quand un gros joueur s’y est mis, les autres ont suivi: ils ne voulaient pas être dépassés. »

Les mentalités changent

Au-delà de l’aspect purement marketing, la professeure Boivin croit que les préoccupations environnementales touchent aussi les entrepreneurs. La preuve: elle donne depuis plus de 5 ans un cours sur le marketing vert à l’École de gestion de l’Université de Sherbrooke. « Je sens chez mes étudiants, qui sont de futurs gestionnaires d’entreprise, un souci environnemental. Ce n’est pas qu’une stratégie pour eux: ils trouvent aussi important de faire attention à l’environnement que d’être de bons gestionnaires dans le cadre de leurs fonctions », affirme-t-elle.

Elle ajoute que ces dernières années, les entreprises qui ont tenté des opérations de greenwashing (soit de mettre de l’avant des initiatives écologiques, tout en polluant de façon considérable dans d’autres branches de la même entreprise) ont été durement sanctionnées par les consommateurs, lorsqu’ils s’en sont aperçus. « C’est un apprentissage, devenir responsable, autant pour le consommateur que pour l’entreprise », avance-t-elle.

Selon Mme Boivin, le point d’équilibre vient en cherchant une solution gagnant-gagnant: si l’entreprise n’a aucun bénéfice à poser de bonnes actions environnementales, ce sera difficile de la convaincre de le faire. Quand ces actions ont un impact positif sur la rentabilité, toutefois, cela devient la clé du succès, conclut-elle.

Cliquez ici pour voir les initiatives prises par certaines entreprises de la région de Sainte-Agathe et de Mont-Tremblant. L'organisme Copadoudou de Val-David et le Marché et Bistro Aux Petits oignons de Mont-Tremblant mettent également la main à la pâte.

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Maxime Coursol

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