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7 mai 2019

Laurent Paquin au Théâtre du Marais

« Je n’ai jamais créé dans la souffrance »

Laurent Paquin a sans doute été un caméléon dans une vie antérieure. L’humoriste, comédien, improvisateur, animateur et chanteur se fond parfaitement dans le paysage artistique où son étonnante polyvalence le mène.

René-Pierre Beaudry , journaliste

Laurent Paquin s’amène au Théâtre du Marais les 9 et 10 mai, à Val-Morin.
Laurent Paquin s’amène au Théâtre du Marais les 9 et 10 mai, à Val-Morin.
© Photo Gracieuseté - Maxime Côté photographe

Les 9 et 10 mai, lui et Simon Boudreault emprunteront la peau de différents personnages et s’échangeront les répliques au Théâtre du Marais de Val-Morin, dans un spectacle qui n’a de sinistre que le titre: « On va tous mourir », mis en scène par Serge Denoncourt. « Loin d’être un spectacle sombre ou déprimant, les spectateurs sont témoins d’une vingtaine de sketchs tous plus éclatés les uns que les autres, avec des moments parfois jouissifs, parfois absurdes, parfois délirants », promet la réclame.

« J’ai fait des études en Art et technologie des médias (ATM) au Cégep de Jonquière, pour une formation en radio comme animateur, raconte-t-il. J’ai travaillé très brièvement comme journaliste à Chicoutimi, à CKRS-AM, avec l’animateur-vedette Louis Champagne. Je faisais également la lecture des nouvelles tant au AM qu’au FM. Je couvrais l’actualité. J’étais un homme sérieux. (Rires) »

SYNDROME DE L'IMPOSTEUR

Un voyant lui aurait prédit à l’époque la prodigieuse carrière qui l’attendait dans la comédie et le rire, Laurent ne l’aurait pas cru: « J’ai toujours été celui qui doutait, qui ne croyait pas vraiment en lui. C’est d’ailleurs une énigme dans ma vie: comment ai-je fait pour me rendre aussi loin en croyant si peu en moi. Ça doit être que je devais avoir une partie d’inconscience qui faisait que même si je n’y croyais pas, j’avançais quand même. J’étais sans doute poussé par le constat que d’autres croyaient en moi. J’ai longtemps vécu le syndrome de l’imposteur, mais ça s’est beaucoup atténué avec le temps. J’ai pris confiance en moi. Je prends ma place, je m’amuse, je suis fier de ce que je fais. Mais je continue de croire que ce syndrome (de l’imposteur) a un bon côté: il permet de rester modeste et de garder les deux pieds sur terre. Quand je travaille avec des vrais acteurs de formation, j’ai un énorme respect pour ces gens-là. »

LES VERTUS DU PLAISIR

Laurent Paquin ne croit pas tellement au mythe de l’artiste créateur dans le malheur. « Je n’ai jamais créé dans la souffrance ni travaillé dans la douleur. J’ai toujours cru aux vertus du plaisir, probablement parce qu’au départ, je suis un humoriste. Je pense que quand tu as du fun sur scène, c’est toujours quelque chose de contagieux. J’en parlais avec Serge Denoncourt, au départ un metteur en scène très dur et exigeant. Il était le premier à reconnaître que les comédiens n’avaient pas de fun avec lui, mais ils faisaient ensemble quand même de bons shows. Puis il s’est rendu compte un jour que quand les comédiens avaient du plaisir, même en jouant du drame ou du Tchekhov, leur performance en spectacle était supérieure. »

Billetterie du Théâtre du Marais 819-322-1414.

Laurent Paquin revient dans les Laurentides à la mi-juin, cette fois au Théâtre Le Patriote le jeudi 20 juin, pour présenter « Déplaire », le one-man-show qu’il roule depuis un bon moment.

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René-Pierre Beaudry , journaliste

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