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8 octobre 2019

Arts martiaux

Gilles Dufour fera son entrée au Temple de la renommée

Résident de Sainte-Agathe-des-Monts depuis un an, Gilles Dufour a laissé sa marque dans le monde des arts martiaux. Pour rendre hommage à l’ensemble de son œuvre, il sera intronisé au Temple de la renommée des arts martiaux canadiens le 2 novembre, au Palais des Congrès de Gatineau. 

Maxime Coursol

Le sensei Gilles Dufour sera intronisé au Temple de la renommée des arts martiaux canadiens le 2 novembre. Il pose ici aux côtés de Georges St-Pierre, champion en arts martiaux mixtes. Sensei Dufour a été l’instructeur de l’entraîneur de M. St-Pierre.
Le sensei Gilles Dufour sera intronisé au Temple de la renommée des arts martiaux canadiens le 2 novembre. Il pose ici aux côtés de Georges St-Pierre, champion en arts martiaux mixtes. Sensei Dufour a été l’instructeur de l’entraîneur de M. St-Pierre.
© (Photo gracieuseté)

Cette distinction, la plus haute à pouvoir être remise au Canada dans le monde des arts martiaux, M. Dufour la reçoit pour couronner bientôt 60 ans de carrière. C’est en 1960 que le Montréalais d’origine a débuté son apprentissage du karaté avec un pionnier de ce sport au Québec, le Canadien d’origine grecque Arry Anastasiadis. Il n’a jamais quitté le milieu depuis. « À la limite, j’étais un petit peu névrosé, confie-t-il, sourire aux lèvres. Je m’entraînais beaucoup et quand je n’étais pas au dojo, je pensais tout le temps à l’entraînement, autant dans la rue que dans mon lit. »

Il faut dire que le sport est ce qui a sauvé, en quelque sorte, Gilles Dufour. Il a passé son enfance à l’hôpital Sainte-Justine à cause de problèmes respiratoires, vivant sous une tente d’oxygène. Il s’est refait une santé par la suite en pratiquant de l’haltérophilie, afin d’élargir sa cage thoracique, puis de la natation et de la gymnastique. Puis, à 13 ans, c’est le déclic: il aperçoit un homme marchant avec un kimono sur l’épaule et, curieux, décide de le suivre. « J’ai abouti dans un garage dans une ruelle à Westmount, où Maître Anastasiadis donnait des cours de karaté Shotokan. Son entraînement était sévère, mais ça m’a forcé à me dépasser physiquement. C’est rapidement devenu une drogue pour moi », raconte M. Dufour.

Un parcours éclectique

Après un passage de cinq ans avec Maître Anastasiadis, Gilles Dufour a ensuite rejoint l’école de Roger Lesourd, qui pratiquait plutôt la méthode Kyokushin. Sous sa gouverne, il est devenu instructeur de karaté, fondant avec lui et cinq autres l’association Les 7 Samouraïs. En parallèle de sa carrière d’instructeur, le sensei (nom donné aux professeurs de karaté) a continué de participer à différentes compétitions. Le 14 juin 1969, il a remporté la médaille d’or au Premier Championnat Canadien de Karaté Kyokushin – Plein Contact, au Forum de Montréal. Il a parcouru le monde dans les années ’70 et ’80, se perfectionnant au gré des compétitions et des stages avec différents maîtres d’arts martiaux.

Bien qu’il soit issu du monde du karaté, M. Dufour a toujours conservé une grande curiosité pour tous les types d’arts martiaux. Il a notamment étudié la boxe, le judo, le kung-fu et le kickboxing. « Je n’ai jamais voulu imposer une méthode, explique-t-il. Je crois que chacun doit développer son style et il faut rester ouvert à la nouveauté. J’ai toujours respecté tout le monde, c’est comme ça que je me suis fait un nom dans le milieu. Je voulais être rassembleur. »

Former la relève

La formation prenant de plus en plus de place dans sa vie, Gilles Dufour a développé des cours spéciaux pour les militaires, les policiers, les agents de sécurité et gardes du corps, ainsi que pour les femmes violentées. Il a également fait connaître les arts martiaux au Québec en écrivant cinq ouvrages sur le sujet, dont le plus récent est L’histoire du karaté au Québec, publié en 2017. Il rédige présentement un sixième ouvrage, portant davantage sur les valeurs qu’il veut véhiculer via les arts martiaux.

« Ce n’est pas qu’un sport de combat, c’est une philosophie de vie. »

-Sensei Gilles Dufour

« Souvent, les gens me disent que je serais capable de battre n’importe qui, ce genre de chose. Le but des arts martiaux, c’est ultimement de ne battre personne. Il faut apprendre à développer son potentiel individuel pour atteindre un équilibre, respecter chacun, faire preuve de politesse et de discipline, se servir de sa tête pour éviter autant que possible le combat », plaide-t-il.

C’est cela qu’il veut maintenant transmettre à la jeune génération et c’est pourquoi il accepte avec plaisir d’être intronisé au Temple de la renommée. Il a également reçu le 21 septembre un prix-hommage de la World Combat Arena.

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Maxime Coursol

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